Le plant français de pomme de terre FNPPPT Gnis

Garantir la qualité sanitaire des plants certifiés de pomme de terre

La qualité sanitaire du plant de pomme de terre est l'une des garanties essentielles apportées par la certification. Avec le plant certifié, l'agriculteur utilisateur se protège des parasites de quarantaine et réduit les risques de contamination de sa culture par des champignons ou des virus... Sur le long terme, le choix du plant certifié constitue aussi le plus sûr moyen de préserver sa terre, c'est-à-dire son outil de travail.

Protéger sa récolte des parasites

« Le vrai avantage du plant certifié, c'est la qualité sanitaire. Un plant qui n'a pas de maladies, c'est là que se fait la principale différence », explique Philippe Delefortrie, producteur de pommes de terre de consommation dans la Somme.

En effet, les problèmes sanitaires sont lourds de conséquences pour l'agriculteur. Ainsi, la présence de parasites de qualité (virus, champignons) peut entraîner une perte de levée et un moindre rendement. La présence d'un parasite de quarantaine (bactéries Clavibacter et Ralstonia, Nématodes) a des répercussions bien plus graves encore : elle induit l'obligation de détruire la récolte et une interdiction de culture pouvant atteindre les 10 ans. Elle s'accompagne enfin d'une impossibilité pour l'agriculteur dont la terre est contaminée de partager avec les autres agriculteurs le matériel agricole... Ce qui revient à l'isoler dans sa propre région.

Un plant certifié apporte la garantie de l'absence de parasite de quarantaine. Par ailleurs, il permet de limiter le risque de contamination par des champignons et des virus. « Pour moi, l'utilisation de plants certifiés est absolument incontournable. Pour plein de raisons. La première, c'est d'éviter les problèmes sanitaires. Le risque est trop élevé et le bénéfice faible », conclut Jean-Paul D. producteur dans les Ardennes.

Préserver sa terre pour préserver l'avenir de la filière

A long terme, c'est bien plus qu'une récolte que l'agriculteur préserve avec l'utilisation de plants certifiés ; c'est sa terre, c'est son outil de travail, qu'il préserve des organismes nuisibles. « Les plants de ferme, c'est le risque de détériorer la qualité sanitaire des territoires, avec des risques de contaminations de virus, bactéries et nématodes. Si on détruit la terre, l'agriculteur pourra à terme ne plus avoir la capacité de l'exploiter », fait remarquer Anthony Maillard, responsable commercial et plant chez un négociant.

L'enjeu est donc de taille... Pour l'agriculteur, en premier lieu, mais également pour l'ensemble de la filière française de production de pommes de terre. « L'exigence phytosanitaire, c'est la force de la France », analyse Jean-Charles Quillet, vice-président de la FN3PT. Les professionnels ont choisi d'adopter des règles sanitaires encore plus rigoureuses que celles dictées par l'Europe. Or, c'est précisément cette exigence qui fait la réputation d'excellence de la filière française sur la scène internationale, induisant une très forte progression des ventes à l'export depuis 10 ans et incitant des firmes étrangères à venir multiplier leurs plants dans nos sols.

Des process très rigoureux
pour certifier la qualité sanitaire des plants

La production de plants certifiés est un processus qui dure de 8 à 10 ans. Pour optimiser l'état sanitaire des plants, les cultures répondent à des règles strictes de production :
  • Un nombre limité de générations en champ. Ainsi, après une phase de multiplication in-vitro et une autre en serre (sur substrat désinfecté ou en hors-sol, à l'abri des contaminations extérieures), il faut compter 6 à 8 générations de multiplication au champ, qui se feront dans des conditions sanitaires favorables et chez des producteurs spécialisés.
  • A toutes les étapes du schéma de multiplication, les cultures de plants font l'objet de contrôles vis-à-vis des organismes nuisibles de la pomme de terre : analyses de sol (nématodes) avant plantation, inspections régulières des cultures, analyses d'échantillons à la récolte (bactéries, champignons, virus), inspections des lots en stockage puis au conditionnement.